Mémoires de guerres au cimetière de la Madeleine

Le cimetière de la Madeleine, situé entre le quartier Saint-Maurice et Longpré-lès-Amiens, fête cette année son bicentenaire.

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Mis en service en 1817, le cimetière de la Madeleine remplace le cimetière Saint-Denis, supprimé et transformé par la suite en square sur la Place René Goblet, dans le centre-ville actuel.

Les chemins serpente t à travers le parc à l’anglaise du cimetière dessiné par l’architecte Francois Auguste Cheussey. L’histoire d’Amiens mais aussi de la France s’y dessine sans respecter le cours du temps.

La Guerre de 1870

Le 27 Novembre 1870, la guerre contre la Prusse fait rage depuis quatre mois. Napoléon III, prisonnier des prussiens, a abdiqué presque trois mois plus tôt. L’Empire laisse la place à la Troisième République, qui hérite de la guerre.

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Les armées ennemies, aux portes d’Amiens, sont en supériorité numérique. Après une série sanglante d’attaques et de contre-attaques, les pertes françaises sont lourdes : 1400 morts ou blessés et un millier de disparus sur 25000 hommes en une seule journée. Les pertes prussiennes ne dépassent pas 1200 tués pour 40000 soldats engagés.

La guerre terminée, des monuments sont érigés au fil du temps à la mémoire des soldats morts pour la patrie à Boves, Gentelles et à Dury, que le rond-point commémore.

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Le cimetière de la Madeleine regroupe un carré militaire de cette bataille perdue. 209 soldats y reposent, tous issus de la garnison d’Amiens stationnée à la Citadelle. Un obélisque est dédié aux soldats français morts pour la défense de la patrie  en 1870-1871. Il est surmonté d’une croix où sont gravés les noms de 199 soldats. Une mention rappelle que 10 n’ont pas été identifiés.

Le commandant de la citadelle Jean François Vogel (la place Vogel lui rend hommage), mort le 30 novembre est inhumé à côté du monument aux morts. Sa tombe est recouvert e d’un monument funéraire, une œuvre du sculpteur amiénois Albert Roze.

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Le Capitaine Charles Zacharie Petit est quant à lui enterré à l’entrée du carré militaire.

209 autres tombes sans nom sont alignées dans le carré, avec une pierre portant un numéro.

Les deux guerres mondiales

Au gré de la promenade, quelques tombes de soldats morts pendant la première guerre mondiale apparaissent. Elles accueillent les corps des soldats dont les familles ont souhaité qu’ils reposent dans un cimetière civil.

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Autre trace de conflit, le carré des Croix Noires. Un terrain dégagé, en forte pente et deux longues rangées de tombes. D’une hauteur de 1m50, en bois de chêne noir, ce sont les tombes des victimes civiles des trois bombardements alliés de la Pentecôte, le 27 mai 1944. 204 morts, 250 blessés, 4000 maisons détruites pour un objectif : casser le nœud ferroviaire d’Amiens avant le débarquement, et ainsi empêcher l’arrivée de renforts et matériels allemands par voir en direction de la Normandie…
En face, une stèle rend hommage aux nombreuses victimes civiles des combats et bombardements alliés et ennemis.
A la fin de la guerre, la préfecture de la Somme estimait à 25 000 le nombre de bâtiments détruits, faisant du département le plus sinistré de France.

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Sébastien

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