Les secrets de « Je me souviens d’Amiens », déclaration d’amour de Jean-Louis Crimon

Grand reporter puis présentateur des matinales à France Culture, Jean-Louis Crimon a publié son nouvel ouvrage en juin 2017. Des pages entières consacrées à la vie amiénoise.  Une déclaration d’amour de 480 « Je me souviens d’Amiens », sur le mode des 480 « Je me souviens » de Georges Perec. Anecdotes d’un exceptionnel auteur picard qui signe là son huitième livre.
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Jean-Louis Crimon, année scolaire 1960/61, élève de 6ème au Petit-Séminaire d’Amiens.

Comment en êtes-vous arrivé à l’écriture ?

Question amusante ! On ne me l’avait jamais posée. En tout cas pas comme ça. Je pense que je ne suis pas « arrivé » à l’écriture. Je me suis dit très tôt, à 9 ou 10 ans, qu’une vie sans écriture, ce n’était pas vraiment une vie réussie. Je sais bien que tout le monde n’écrit pas, ou ne ressent pas la nécessité d’écrire. Pour moi, c’était à la fois nécessaire et évident. Ce ne serait pas possible de vivre sans écrire. Au collège déjà, j’écrivais des poèmes. Au lycée aussi. A l’université, je me suis mis à l’écriture de contes et de nouvelles, mais sans jamais rien publier. Je ne me sentais pas prêt, pas assez mûr. Ma vraie pratique de l’écriture commence avec le journalisme, côté presse écrite, au Courrier Picard. Un article par jour, pendant trois ans, ça vous apprend forcément une forme d’écriture : l’écriture efficace. Celle du journaliste. L’écriture de l’écrivain, c’est autre chose. Il faut toute une vie pour écrire comme un écrivain. Je pense que je vais bientôt vraiment commencer à maîtriser la chose (rires).

Vous êtes né dans la Somme, à Corbie, mais quel est votre lien avec Amiens ?

Je suis arrivé à Amiens en septembre 1960, pour mon entrée en sixième, au Petit-Séminaire. Une grand tante, très pieuse, ne voulait pas que j’aille à la Cité Scolaire laïque, « lieu de perdition pour mon âme », avait-elle prédit à mes parents. Mais je n’ai fait qu’un très court passage chez les apprentis séminaristes. Juste une année. A la question du Père Supérieur, posée en milieu d’année scolaire: « Pensez-vous avoir la vocation ? », j’ai répondu « Non ». Mes parents et mon instituteur m’avaient appris que le mensonge était la pire des choses. Ma franchise m’a été fatale. Les prêtres m’ont renvoyé à l’école primaire de mon village, me recommandant de passer et d’obtenir -peut-être- le Certificat d’Etudes pour ensuite apprendre un métier manuel, comme mon père. Mon père était jardinier.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’écriture de Je me souviens d’Amiens ?

En fait, c’est une commande de mon éditeur, Le Castor Astral, chez qui j’ai publié quatre romans : Verlaine avant-centreRue du Pré aux ChevauxOublie pas 36 et Du côté de chez Shuang. Une commande assez ancienne. Jean-Yves Reuzeau, le directeur littéraire, m’avait demandé, il y a cinq ou six ans, dans la forme et dans l’esprit des « Je me souviens » de Georges Perec, de travailler à un « Je me souviens d’Amiens ». Mais, à l’époque, je n’avais pas donné suite. Ne me sentant pas forcément le plus compétent ou le plus légitime pour mener à bien ce projet. Je m’y suis mis très symboliquement la nuit du 31 décembre au 1er janvier de cette année. Comme ça, comme par défi. Me disant à moi-même : Chiche, tu en écris 10 ! Le lendemain, j’en ai écrit très naturellement dix autres. Dix autres encore, le surlendemain. A ce rythme d’une dizaine de « Je me souviens d’Amiens » par jour, j’avais bouclé mes 480 « Je me souviens » le 18 février. Tous n’étaient pas parfaits. Je m’en suis écrit cinquante supplémentaires, au cas où, à la relecture, certains « souvenirs » ne tiendraient pas la distance.
La difficulté étant que le « souvenir » ne soit pas trop personnel, pas trop intime, mais en même temps que « sa part d’intime » permette à chacun(e),  de se projeter, de s’impliquer, dans le souvenir proposé, de se l’approprier en s’y retrouvant. Il fallait aussi que toute la richesse, -culturelle, historique, sociale, politique, poétique -, richesse trop méconnue, trop ignorée, trop oubliée, soit ressuscitée, restituée, par la magie de l’écriture de ces phrases qui commencent toutes par la formule de Perec « Je me souviens ».

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Si vous deviez choisir un souvenir que vous avez évoqué dans votre ouvrage, et qui vous a ému ou touché plus particulièrement, lequel serait-il ?

Celui écrit tout particulièrement pour les grincheuses et les grincheux qui ne supportent pas les jours de pluie, le souvenir n° 193, pour le jeu avec les sons, et pour la musique de la chanson :

« Je me souviens du ciel ardoise qui tutoie les toits qu’il toise, les soirs de pluie narquoise.
On ne cherche pas noise à la pluie amiénoise. »

Une façon de vous dire aussi que davantage qu’un « livre de souvenirs », mon livre est, en fait, un slam kaléidoscopique, une chanson de 480 couplets, qu’il ne faut pas seulement lire, en silence, avec les yeux, mais, surtout avec la voix. C’est un texte vocal, oral, que je lirai d’ailleurs en octobre prochain, à la Comédie de Picardie, seul sur scène. One man show où j’essaierai de me glisser dans la peau de Sami Frey qui avait dit sur scène, en 1988 je crois, les « Je me souviens » de Georges Perec.

Pourriez-vous faire ce même genre de livre sur une autre ville qu’Amiens ?

Pas sûr du tout. Pas évident. Il faut vraiment bien connaître la ville. Son histoire. Son passé. Sa richesse culturelle. Y avoir vraiment vécu.
Ou alors il faudrait écrire ce livre avec les habitants de la ville en question. Des gens, des hommes, des femmes, des enfants, des jeunes, des vieux, des ados, réunis dans une sorte d’atelier d’écriture. Ce serait un travail très différent, mais tout aussi intéressant. Une idée à creuser, sans aucun doute.

Enfin, un endroit peut-être où vous aimerez aller dans Amiens? Et en Picardie?

Plusieurs endroits à Amiens : le vieux quartier Saint-Leu, la librairie Le Labyrinthe, la place de la Marie sans Chemise, et, pour d’autres raisons, le Stade de la Licorne, pour aller encourager l’Amiens SC, cette saison en… Ligue 1. Concernant la Picardie, j’aimerais retourner dans mon village natal, Contay.

Manon Capelle

Bruno Valan : « Je vis pour le plaisir d’écrire »

Originaire de Lille, Bruno Valan est venu profiter de sa retraite aux alentours de Compiègne où il remplit les pages blanches au gré de son imagination. Le suspens et la psychologie sont deux traits importants de son talent d’écrivain. Le tout mélangé par des préoccupations de la société actuelle, comme pour son nouvel ouvrage, le Serment assassin, où l’auteur parle  d’euthanasie.

Bruno Valan, pouvez-vous nous parler de votre passion ?

Le temps libre laissé par la retraite m’a permis d’assouvir ce désir auquel je voulais me confronter : celui de la page blanche sur laquelle se concrétise une intrigue venue de l’imagination. Ce souhait remonte à mon adolescence, après la lecture de Candide de Voltaire. Mes obligations professionnelles ne m’ont jamais permis de me lancer plus rapidement. Je peux dire que je vis pour le plaisir d’écrire, qui me permet de m’évader du quotidien de notre monde.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

J’ai la chance de fourmiller d’idées auxquelles je tente d’adapter des sujets d’actualité. C’est ainsi que pour La Trahison du Miroir, j’ai intégré le terrorisme avant même que nous ne connaissions les premiers attentats sur le sol français. Par le biais du Serment Assassin, j’évoque l’euthanasie, sujet très contemporain et fort. Pour le troisième, un vrai policier cette fois, que je viens d’achever, je remets en cause les dysfonctionnements de la justice et les errements policiers.

Parlez-nous de vos derniers ouvrages ?

La Trahison du miroir est un roman policier classique autour d’une intrigue étonnante à rebondissements accompagnée d’une double fin inattendue. C’est un livre qui a connu un fort succès et qui a obtenu le prix du polar VSD 2016, et le coup de coeur RTL de Bernard Poirette. Le Serment assassin est davantage un roman psychologique à suspens basé sur l’euthanasie. Je pense qu’il n’est pas destiné aux amateurs de polars.

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Les récits se passent pour, la Trahison du miroir, à Lille et pour le Serment assassin en Picardie. Est-ce une volonté de rester dans le Nord ?

Il est toujours plus facile de poser l’intrigue et de faire évoluer ses personnages dans un environnement connu. Ainsi dans le serment assassin qui ne se cantonne pas qu’à la Picardie, le lecteur est emmené dans plusieurs régions de France que je connais bien. C’est pour moi sécurisant et je crois que le lecteur apprécie de retrouver des lieux qui ne lui sont pas étrangers. J’ai décidé de venir profiter de ma retraite dans la région compiégnoise parce que j’y avais habité quelques années, au début de ma carrière professionnelle, lorsque je travaillais à Paris. J’y avais trouvé un endroit paradisiaque que j’ai eu plaisir à retrouver le moment venu.

Pourquoi le genre policier vous attire plus particulièrement ?

Sans doute parce que j’en ai beaucoup lu : Simenon, Coben, Agatha Christie, Vargas…Pour autant, je ne crois pas, comme je le disais que le Serment assassin soit un véritable polar dans le sens où l’entendent les puristes du genre. En outre, le quatrième sur lequel je travaille actuellement ne sera pas, pour le coup, un policier mais un livre léger sur la recherche par une jeune femme de la vie cachée de sa grand-mère, pourtant célèbre…

Avez-vous d’autres projets en cours ?

Mon troisième livre est terminé. Pour le moment, je le laisse reposer avant d’attaquer les relectures et les corrections, toujours nombreuses. J’ai attaqué le quatrième qui m’ouvre sur un autre genre d’histoire. Entre-temps, j’ai écrit, dans le cadre d’un concours, une nouvelle dont toute l’action doit, exclusivement, se dérouler dans une chambre.

Y a t-il des séances de dédicaces prévues en Picardie pour la sortie de ce nouveau roman ?

Pour l’heure, il en est prévu une le 9 septembre de 10 à 12 heures à Senlis à la librairie Le Verbe et l’objet. D’autres viendront un peu plus tard, étant absent une partie de septembre et d’octobre m’obligeant à renoncer au salon du livre de Soissons.

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Propos recueillis par Manon Capelle

Rendez-vous au Salon du Livre de Chevrières ce samedi !

Si vous aimez la littérature mais que vous ne pouvez pas vous déplacer au salon du livre de Paris ce week-end, pas d’inquiétude… Un autre salon du livre se déroulera en Picardie ce samedi 25 mars.

La neuvième édition du salon du livre de Chevrières se déroulera une nouvelle fois dans la petite commune de l’Oise. L’occasion de rencontrer un auteur picard, Gérard Bertuzzi, natif de Compiègne, qui sera présent pour échanger autour de son dernier roman Les inconnus du vol 981, publié dans la collection Polars en Nord.

Quelques romans de Gérard Bertuzzi 

Cette collection vous dit quelque chose ? Vous êtes sans doute tombé au moins une fois, dans votre librairie, sur ces romans policiers dont les intrigues se déroulent dans le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie. Avant ce dernier ouvrage, Gérard Bertuzzi avait déjà publié trois autres intrigues policières : Le sang des cors, mais aussi Disparitions en Picardie et La clef des hauts, que vous pourrez retrouver sur son stand samedi.

Gérard Bertuzzi nous a assuré qu’il amènera avec lui « plusieurs tomes de bonne humeur » pour tous ceux qui viendront le voir.

Rendez-vous à la salle Municipale de Chevrières (1049 rue de Beauvais) ce samedi 25 mars, de 14 heures à 18 heures, pour rencontrer l’auteur picard, mais également d’autres auteurs, libraires et éditeurs. Profitez-en, c’est gratuit et c’est ce week-end en Picardie !

                                                                                                                                                                    Elodie

Jeune talent picard au Salon « À Toi de Jouer » ce week-end.

Vous ne savez pas quoi faire ce week-end ? Rendez-vous samedi 18 et dimanche 19 mars à Mégacité, au Festival du Jeu et de l’Imaginaire, « À Toi de Jouer ». De nombreuses surprises vous attendent…

Pour la sixième année consécutive, les passionnés de jeux en tout genre, qu’ils soient petits ou grands, amateurs ou experts, pourront venir s’amuser aux grès de leurs envies, grâce à une multitudes de stands à leur disposition.

Mais l’on pourra également trouver sur ce salon un stand consacré à la littérature de jeunesse. C’est en effet la deuxième année que Passeur de Rêves, rayon jeunesse de la librairie Martelle du centre-ville d’Amiens, vient présenter une sélection de livres.

13438929_982763301843088_2106506478156096075_nLa Fée des Âmes, livre « coup de coeur » des libraires de Passeur de Rêves 

Et comme l’année passée, une séance de dédicaces aura lieu sur ce même stand. Cette fois-ci, c’est une jeune auteure Amiénoise qui sera présente pour échanger avec ses lecteurs. Manon Wiertlewski, dont le premier roman La Fée des Âmes, a été publié en mai 2016, avait déjà rassemblé de nombreuses personnes lors de la signature qu’elle avait donnée en juillet dernier à la librairie Martelle.

Manon Wiertlewski en dédicaces à la librairie Martelle 

N’hésitez pas à aller découvrir ce jeune talent picard dimanche, à partir de 15 heures, sur le stand Passeur de Rêves, du Salon À Toi de Jouer.

                                                                                                                                               Elodie